
La gouvernance est la raison d’être de Lacroix Groupe Conseil inc., en affaires depuis 1995. Aider à mettre sur pied un conseil d’administration et accroître sa performance avec les meilleures pratiques de gouvernance qui soient, en plus de créer et d’ajouter de la valeur pour les actionnaires et d’accélérer la croissance de l’organisation, voilà résumées ses grandes spécialités.
En débutant sa carrière comme comptable agréé chez Deloitte puis dans le tumultueux domaine de
l’insolvabilité, notamment chez Raymond Chabot Grant Thornton, Hugues Lacroix développe de solides aptitudes de gestionnaire. « On me recrutait pour mon expertise de redressement, se souvient-il. Ça a été une période d’apprentissage extrême. »
D’abord diplômé en finances, Richard Blain découvre rapidement qu’il veut comprendre le fonctionnement complet des entreprises. Son but : qu’elles performent et croissent. « Mais sans des équipes fortes, de bons collaborateurs et des personnes compétentes, on a beau avoir les meilleurs projets, il ne se passera rien», a aussi réalisé celui qui est devenu il y a trois ans Directeur-associé chez Secor, un cabinet-conseil en stratégie et gestion.
L’être humain, ou le capital humain en langage des affaires reste continuellement au cœur de ses préoccupations. Richard Blain est expert en stratégies d’affaires et dans leur mise en œuvre. Reconnu en gestion du changement, en diagnostic organisationnel et en gestion de talents, il sait mobiliser des ressources, améliorer les climats de travail, s’occuper des communications internes, gérer des successions d’entreprises. Il est d’ailleurs membre du CA de l’Ordre professionnel des conseillers en ressources humaines du Québec. « Je travaille à promouvoir l’excellence dans la gestion des ressources humaines parce qu’il est important de développer et faire connaître le rôle stratégique des ressources humaines dans la gestion des entreprises », dit-il.
Chantal Guérin, aujourd’hui directrice générale de la Fondation SEMAFO, qui devient un modèle en son genre en Afrique de l’Ouest, n’a pas peur des défis. Son parcours prouve non seulement sa détermination mais aussi qu’elle a véritablement des atomes crochus avec la gestion.
Armée à 16 ans d’un diplôme de secrétariat médical, elle ne peut travailler dans le milieu de la santé faute d’être majeure. « Par le biais d’une agence de placement qui m’a déniché de bons emplois, j’en ai profité pour apprendre mon métier, me créer une expérience et retourner dans le médical à 18 ans », raconte-t-elle.
L’ironie, c’est qu’elle n’y est jamais allée! La vie en a décidé autrement. Elle a continué à travailler pour plusieurs entreprises privées en prenant plus d’assurance et davantage de responsabilités. Elle rêvait tout le temps de faire des études. Ce qui s’est concrétisé une première fois en 1991, où elle décroche deux ans plus tard un certificat en comptabilité générale de l’UQAM.
La nature de ses postes change, elle accède au secrétariat de haute direction et développe de solides connaissances, notamment chez Hydro-Québec. Elle participe à la mise en place du Mouvement des jeunes au travail et touche à tout ce qui est gestion de bureau. Elle accède ensuite à un poste de direction pour l’Association de paralysie cérébrale du Québec. La voilà responsable des 17 bureaux répartis dans la province. Après, durant 11 ans, elle organise la structure administrative, transforme un déficit de 777 000 $ en un surplus de 1 million de $, gère 50 bénévoles, co-produit le plan d’équité salariale, planifie et contrôle les prévisions budgétaires, entre autres, d’une école pour enfants autistes. « Même si j’étais devenue très expérimentée, je sentais encore qu’il me fallait des études pour appuyer tout ce savoir appris au fil des ans. »
PORTRAIT DE DEUX FEMMES MBA, PROACTIVES AVEC LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Il est devenu plutôt rare qu’un individu fasse toute sa carrière chez un même employeur. C’est pourtant ce qui est arrivé à Chantal Gagnon et Hélène Moreau, respectivement, aujourd’hui, vice-présidente, région de Québec et vice-présidente, Assurance des entreprises pour Intact Assurance, anciennement ING, le plus grand assureur au Canada.
Elles avaient évolué toutes les deux dans dessecteurs distincts de l’entreprise, si bien qu’elles nese connaissaient que de vue. Aujourd’hui réuniesau sein de l’équipe de direction de l’entreprise,elles sont non seulement devenues d’intimes collèguesmais c’est à ces postes qu’elles déploientleur plein potentiel. Et réagissent, notamment, aux changements climatiques.
L’histoire entre Victoria Cruz et Montréal commence avec un coup de foudre. Ayant beaucoup voyagé en Europe, elle quitte un jour son Espagne natale pour découvrir l’Amérique du Nord. Elle voit pas mal de pays entre Halifax et Vancouver, y compris la côte ouest-américaine. Mais c’est à Montréal que le charme opère.
Elle y revient en 1994 avec son chien qu’elle affectionne, 5 000 $ en poche, une maîtrise en direction marketing et gestion commerciale et la piqûre de vivre à l’étranger en tant qu’adulte. Seize ans plus tard, elle y est encore et dirige sa propre firme de gestion de marque: Movida, nom tiré d’un mouvement de renouveau qui a secoué l’Espagne à la mort de Franco en 1975 et qui devient vite un art de vivre dont se réclame une génération vigoureuse et dynamique.
Une curiosité naturelle nous pousse à vouloir connaître nos nouveaux voisins. À plus forte raison s’ils font des trous, du bruit, de la poussière, érigent des structures ou répandent des odeurs.
Dans le pire des cas, le ton peut vite monter, les intérêts se polariser, la communication devenir
pénible, voire se rompre si les besoins des uns semblent trop éloignés de ceux des autres. L’histoire récente du Québec – pensons aux gaz de schiste – montre que les relations de voisinage peuvent engendrer du brasse-camarade pittoresque.
Il n’est pas inévitable, pourtant, que les relations se portent si mal. C’est ce que croit profondément
Colette Schwartz, spécialiste en communication environnementale et en projets controversés. Les
couples qui tiennent la route sont d’ailleurs ceux qui maîtrisent l’art de la communication, pas ceux
qui ne se chicanent jamais !
Son expertise profite depuis 25 ans aux grandes entreprises, aux organismes publics et parapublics, aux associations et municipalités. « Mon fil conducteur, et depuis le tout début, c’est d’intégrer les préoccupations citoyennes dans les grands projets », résume celle qui a commencé sa carrière de communicatrice avec des études en sciences sociales, avant même que le « bac » en communication soit inventé.
Ce n’est un secret pour personne: les déchets, les mines, les industries de toutes sortes émettent différentes formes de pollution. Mais il se trouve que dès la fin des années 70, l’ingénieur Guy Drouin, en pionnier, trouve qu’on peut faire mieux que juste polluer. Ces rejets peuvent être captés, transformés en énergie et revendus. Le voilà donc impliqué dans la valorisation énergétique de la biomasse et des déchets urbains dès le début de sa carrière.
Aujourd’hui encore, 23 ans après avoir fondé Biothermica en 1987, qu’il dirige toujours, il créé de la valeur à partir des déchets et des effluents gazeux. Les énergies renouvelables et la réduction de l’empreinte carbone des entreprises sont les spécialités de ce diplômé de Polytechnique en 1972, qui a ensuite obtenu son MBA en 1974, diplôme qu’il considère être une pièce majeure dans sa réussite en affaires.
«Nous imaginons des projets, nous inventons des technologies, nous les construisons, nous prenons des brevets et nous livrons clé en main des solutions qui règlent des problèmes de pollution et d’assainissement de l’air, explique-t-il. Quand j’ai développé Biothermica, rien de ce que je fais aujourd’hui n’existait au Canada. Il a fallu tout inventer. Et ensuite, il faut que ça marche. Sinon, tu y laisses ta chemise.» Ce qui ne lui est jamais arrivé, et plutôt tout le contraire!
En m’ouvrant la porte vitrée qui donne accès aux bureaux montréalais de Tandberg, Vincent Barberger me lance d’emblée: «Vous parlez anglais?» Un peu surpris, je réponds que oui mais que je préfère faire l’entrevue en français. «Non, non, ce n’est pas pour ça; nous sommes en vidéoconférence avec Annicken Rod, la «Chief Cultural Officer» chez Tandberg. Elle ne parle qu’anglais. Nous vous attendions!»
Responsable des ventes Est du Canada pour Tandberg, une firme norvégienne, numéro un mondial dans la vidéoconférence (tout juste rachetée par l’américaine Cisco), Vincent Barberger m’entraîne dans une salle moderne faiblement éclairée. Nous prenons place côte à côte devant une table rectangulaire. Derrière nous, un mur de verre bleu ciel légèrement éclairé. En face, sur un écran plat géant, je pourrais presque serrer la main d’Annicken Rod. Sa «présence» dans la pièce est assez étonnante. Une impression accentuée par la taille de l’écran et la netteté de l’image. Elle nous parle pourtant d’Oslo, en Norvège et nous voit aussi nettement de son côté.
Durant une vingtaine de minutes, elle nous entretient des valeurs de Tandberg, de l’humour caractéristique et de la franchise des Norvégiens, du plaisir que doivent avoir les gens à travailler dans cette boîte, du sentiment d’entrepreneurship que chacun peut manifester entre la naissance d’une bonne idée et sa réalisation, une attitude très encouragée. Bref, d’une culture d’entreprise gagnante, soutient-elle.
C’est en 1980 qu’Édouard Préfontaine obtient son MBA des HEC, à Montréal. Et cette année, ce grand gaillard qui a beaucoup bourlingué fêtera justement le trentenaire de sa promotion avec ses collègues de l’époque.
Trente années bien remplies, dans son cas. Comme tant d’autres, il ne se destinait pas à des études en administration des affaires. Elles se sont toutefois imposées à lui assez tôt dans sa carrière. Il a d’abord été de la première cuvée de bacheliers en géographie de l’UQAM, en 1972. «Je voulais devenir urbaniste parce que j’aimais beaucoup la planification des villes et le transport», précise-t-il.
Pour se spécialiser en développement régional, il s’inscrit à la maîtrise à Ottawa et suit des cours de spécialisation en sciences économiques. Il décroche vers la même période un emploi d’économiste en transport aux Affaires indiennes et du Nord à Ottawa.
Au cours de ses études de baccalauréat, il avait tourné un film sur les Premières Nations de la Baie James. «J’avais de l’intérêt pour le Nord et c’est comme ça que j’ai été intéressé par les Affaires indiennes pour m’occuper de projets de transport dans le Grand Nord canadien», se rappelle-t-il. Il réalise alors des études économiques de faisabilité pour des projets d’infrastructures dans le domaine du transport (routes, transport par barges, traversiers, pistes d’atterrissage). Un gros dossier lui tombe entre les mains: les impacts tant économiques que sur les infrastructures des villages qu’entraînera la construction du pipeline de la mer de Beaufort jusqu’à Edmonton.
Professeur à HEC Montréal, Emmanuel Raufflet est un spécialiste de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Ses recherches portent sur les reconversions auxquelles les entreprises du 21e siècle doivent se soumettre pour assurer la protection des écosystèmes. Il a co-créé le Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en gestion et développement durable. Son défi personnel: amener les étudiants à intégrer tous les aspects de leur future vie de gestionnaire en éveillant leur capacité d’innovation. «On a parfois l’impression que les enjeux de développement durable nous sont extérieurs, explique M. Raufflet, mais comme gestionnaires nous sommes aussi des citoyens, des consommateurs, nous avons des familles, nous sommes membres d’une communauté. Ce sont différents aspects d’une même personne. Dans l’optique du développement durable, tous ces aspects doivent être mobilisés.» Même s’il est en année sabbatique, le professeur Raufflet ne délaisse ni ses étudiants aux études supérieures, ni son champ d’intérêt. Quand nous l’avons rencontré pour cette entrevue il revenait du Stockholm Resilience Centre de l’Université de Stockholm, il était passé par Berlin où il avait participé à un séminaire sur l’éthique des affaires et avait fait un détour par Toronto, à la Fondation Gordon, pour rencontrer une boursière dont il est le mentor. En 2009, l’ouvrage intitulé Responsabilité sociale de l’entreprise qu’il a coédité a été lauréat du Prix du livre d'affaires, catégorie ouvrage pédagogique. Rencontre avec un pédagogue enthousiaste.